Procédure pour embaucher un salarié étranger en France

Deux professionnelles examinent des documents officiels sur une table, une femme écrit pendant que l’autre tient un document et un passeport.

Sommaire

Embaucher un salarié étranger en France implique une procédure précise, avec plusieurs étapes administratives à respecter avant même la signature du contrat. Vérification du titre de séjour, demande d’autorisation de travail et collecte des justificatifs : ce guide vous aide à avancer avec méthode, sérénité et conformité juridique.

Les conditions pour recruter légalement en France

Avant tout recrutement d’un salarié étranger, vous devez déterminer si le candidat relève d’un régime simplifié ou d’une procédure d’autorisation complète. Sa nationalité, son pays de résidence et le type de titre détenu sont les trois éléments qui orientent la démarche. Les identifier dès le départ permet d’anticiper les délais et d’éviter les blocages administratifs.

Deux professionnelles examinent des documents officiels sur une table, une femme écrit pendant que l’autre tient un document et un passeport.

Qui peut travailler sans autorisation ?

Parmi les conditions pour embaucher un salarié étranger, la vérification de la nationalité constitue le premier point à contrôler. Les ressortissants de l’Union européenne, de l’Espace économique européen (EEE), de la Suisse, de Monaco, d’Andorre et de Saint-Marin accèdent librement au marché du travail français, sans demande d’autorisation de travail. Une pièce d’identité en cours de validité suffit.

  • Carte de résident : ce titre vaut directement autorisation de travail. L’employeur n’a donc aucune formalité supplémentaire à accomplir avant l’embauche.
  • Titre « vie privée et familiale » : il dispense totalement le salarié d’autorisation de travail et lui permet d’exercer une activité salariée dès son premier jour en poste.
  • Passeport talent : il autorise l’activité professionnelle ayant justifié sa délivrance, sans démarche complémentaire de la part de l’employeur.
  • Réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire : ils peuvent accéder directement au marché de l’emploi en France, sans autorisation spécifique ni délai d’attente.

À l’inverse, les titres « visiteur », « stagiaire » et « stagiaire ICT » n’autorisent aucune activité salariée. Leurs titulaires ne peuvent pas régulariser cette situation par une simple demande d’autorisation de travail. Soyez également vigilant avec un titre de séjour délivré par un autre État membre de l’Union européenne : il ne confère aucun droit au travail en France. Vérifiez toujours la mention inscrite sur le document présenté.

Les critères liés au poste et au salaire

Quelle que soit la situation du candidat, la rémunération proposée ne peut être inférieure au SMIC ni au minimum prévu par la convention collective applicable lorsque celui-ci est plus favorable. Un contrat sous-rémunéré entraîne systématiquement le refus de la demande d’autorisation de travail, sans régularisation possible a posteriori. La conformité salariale doit donc être contrôlée avant le dépôt du dossier.

L’employeur doit aussi être parfaitement à jour de ses obligations sociales. Le dossier doit notamment comprendre une attestation de versement des cotisations sociales datant de moins de six mois. L’entreprise, le donneur d’ordre ou l’entreprise utilisatrice ne doit par ailleurs avoir fait l’objet d’aucune condamnation ou sanction liée au travail illégal, à l’aide au séjour irrégulier ou à l’usage de faux documents.

Pour les professions réglementées comme les infirmiers, médecins, architectes ou experts-comptables, une étape supplémentaire est nécessaire : faire reconnaître le diplôme étranger par l’autorité compétente, puis obtenir l’autorisation d’exercer auprès de l’ordre professionnel concerné. Sans ces documents, la demande est irrecevable. Il est donc préférable d’engager ces démarches en parallèle, car les délais de reconnaissance peuvent prolonger le calendrier de recrutement.

Vérifier le séjour avant l’embauche

La vérification du titre de séjour constitue une obligation légale incontournable. Elle ne se limite pas à examiner visuellement le document présenté par le candidat. L’employeur doit s’assurer que ce titre a été délivré par les autorités françaises, qu’il est authentique et qu’il reste valide au moment de la prise de poste.

Contrôler le titre et le droit au travail

Pour organiser l’embauche d’un salarié étranger disposant d’un titre de séjour, vous devez demander une authentification officielle à la préfecture du département où se situe le lieu de travail. La demande peut être envoyée par courriel ou par lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée d’une copie du document présenté. Elle doit être effectuée au moins deux jours ouvrables avant la date prévue de prise de poste.

La préfecture dispose ensuite de deux jours ouvrables pour répondre. Sans réponse à l’issue de ce délai, vous pouvez procéder à l’embauche : le silence de l’administration vaut conformité. Cette vérification n’est toutefois pas obligatoire lorsque le salarié est inscrit à France Travail. Les cartes de séjour de quatre ans et de dix ans bénéficient d’une prolongation de validité de trois mois après leur date d’expiration.

Type de titreDroit au travailAutorisation requise
Carte de résident / carte de résident longue durée-UEOuiNon
Titre « vie privée et familiale »OuiNon
Passeport talentOui (activité ayant motivé le titre)Non
Carte « salarié » ou « travailleur temporaire »Oui (sous conditions)Oui, pour chaque nouveau contrat
VLS-TS mention salariéOuiOui, demande obligatoire
Titre « visiteur », « stagiaire »NonImpossible à régulariser
Carte de séjour temporaire étudiantOui (limité à 964 h/an)Non dans la limite légale

Trois catégories de titres doivent être distinguées : ceux qui valent directement autorisation de travail, ceux qui permettent une activité sous conditions avec une autorisation complémentaire, et ceux qui excluent toute activité salariée. Identifiez la catégorie du candidat avant de demander une autorisation ou de signer un contrat. Le registre unique du personnel doit également mentionner les références du titre et ses dates de validité.

Gérer les étudiants et les récépissés

Pour embaucher un salarié disposant d’un titre de séjour « étudiant », vous devez respecter le plafond légal. Un étudiant étranger, hors Algérie, peut exercer une activité salariée accessoire dans la limite de 964 heures annuelles, soit 60 % de la durée légale annuelle de travail, sans autorisation supplémentaire. Au-delà de ce seuil, il faut demander une autorisation de travail. Les étudiants algériens sont limités à 50 % de la durée du travail et doivent demander une autorisation provisoire pour chaque contrat.

Un récépissé de titre de séjour n’autorise le travail que s’il comporte expressément une mention permettant à son titulaire d’exercer une activité salariée. Certains récépissés interdisent l’activité salariée : dans ce cas, l’embauche doit être suspendue immédiatement afin d’éviter de lourdes sanctions pénales et administratives.

Déposer une demande d’autorisation de travail

Depuis le 6 avril 2021, la procédure de demande d’autorisation de travail est entièrement dématérialisée. L’employeur joue un rôle central : c’est lui, et non le candidat, qui dépose le dossier, en suit l’avancement et reçoit la décision. Consultez notre guide sur la procédure d’autorisation de travail pour les étrangers, les démarches en ligne, les exemptions et la taxe OFII.

Personne sur un ordinateur portable saisissant un formulaire en ligne lié à une procédure pour embaucher un salarié étranger en France; documents imprimés à côté.

Utiliser le portail ANEF

Pour effectuer une demande d’autorisation de travail pour un salarié étranger en ligne, l’employeur se connecte exclusivement au portail ANEF (Administration numérique pour les étrangers en France). Il s’identifie avec son numéro Siret, Cesu, Urssaf ou MSA. Depuis le 6 avril 2021, les courriers papier et les dépôts en préfecture ne sont plus acceptés.

  • Identification de l’employeur : connexion avec le numéro Siret, Cesu, Urssaf ou MSA, selon la structure juridique de l’entreprise ou du particulier employeur.
  • Saisie du dossier : renseignement des informations relatives au poste, à la rémunération, aux conditions de travail et à l’identité précise du candidat.
  • Téléversement des pièces : dépôt numérique des justificatifs requis selon la situation du candidat et la nature du contrat envisagé.
  • Suivi en temps réel : consultation de l’état d’avancement depuis l’espace personnel de l’employeur, à tout moment.

La fiche officielle du Code du travail numérique présente les conditions et la procédure applicables à l’obtention d’une autorisation de travail pour un salarié étranger hors Union européenne. Elle rappelle notamment les quatre conditions cumulatives à remplir. Consultez la procédure d’autorisation de travail afin de vérifier votre dossier avant son dépôt.

Préparer les justificatifs du dossier

Pour une demande d’autorisation de travail concernant un salarié étranger résidant en France, le formulaire Cerfa 15186*03 est requis lorsque le candidat se trouve déjà sur le territoire avec un titre de séjour valide, mais ne l’autorisant pas à exercer l’activité salariée envisagée. Dans ce cas, ce formulaire constitue la pièce centrale du dossier et doit être accompagné des justificatifs demandés par la plateforme chargée de l’instruction.

Les documents communs sont peu nombreux, mais leur présentation doit être irréprochable. Chaque pièce doit être lisible, complète et à jour, conformément aux exigences réglementaires. Un dossier incomplet peut provoquer un refus et compliquer l’obtention ultérieure du visa consulaire, même si les autres conditions sont réunies. Les pièces systématiquement demandées sont les suivantes :

  • Pièce d’identité du candidat : copie du passeport (pages relatives à l’état civil et à la validité) ou de la carte nationale d’identité recto verso, lisible et en cours de validité.
  • Justificatif de domicile : document de moins de six mois attestant la résidence actuelle du candidat, quel que soit le pays concerné.
  • Attestation sociale de l’employeur : justificatif du versement des cotisations sociales, datant de moins de six mois, délivré par l’Urssaf ou par l’organisme compétent équivalent.

Pour une profession réglementée, la reconnaissance du diplôme étranger et l’autorisation d’exercer délivrée par l’ordre compétent sont indispensables. Sans ces documents, la demande est irrecevable. Pour retrouver la liste complète des justificatifs selon votre situation, consultez les documents pour un travailleur étranger en France, du droit au séjour à la demande déposée sur le portail ANEF.

Suivre les délais de la procédure

La demande doit idéalement être déposée au moins un mois avant la prise de poste. En pratique, une anticipation de trois à six mois est vivement recommandée, selon la nationalité du candidat et la complexité du dossier. L’administration dispose d’un délai maximal de deux mois pour statuer. Sans réponse au terme de ce délai, la demande est considérée comme refusée, sauf pour les demandeurs d’asile, pour lesquels le silence de l’administration vaut acceptation.

Après l’accord, le candidat résidant hors de France peut solliciter un visa de long séjour auprès du consulat français de son pays. Le dossier est ensuite transmis à l’Office français de l’immigration et de l’intégration, qui organise l’introduction du salarié et les formalités liées au contrôle médical, au titre de séjour et au visa. Une fois ces démarches accomplies, le candidat peut rejoindre son poste sans délai supplémentaire.

Recruter depuis l’étranger selon la procédure française

Lorsque votre candidat idéal réside encore hors de France, la démarche se déroule en deux étapes : obtenir d’abord l’autorisation de travail en France, puis permettre au candidat de demander son visa auprès du consulat. L’ordre est impératif : aucun visa consulaire ne peut être accordé sans autorisation préalable. Une fois maîtrisée, cette procédure vous donne un avantage concurrentiel pour recruter des profils rares ou spécialisés.

Écran d’ordinateur affichant un modèle de CV ou de fiche professionnelle sur un bureau, avec des documents papier, bloc-notes et souris. intégration du terme: procédure pour embaucher un salarié étranger en france est naturelle.

Publier l’offre sur France Travail

L’opposabilité de l’emploi, c’est-à-dire l’obligation pour l’employeur de démontrer qu’aucun candidat local qualifié n’a pu être trouvé, constitue la pièce maîtresse du dossier. Même un particulier employeur qui souhaite recruter un salarié étranger depuis l’international doit fournir son dernier avis d’imposition, en lieu et place de l’extrait Kbis exigé pour les personnes morales, et respecter cette même règle.

  • Durée minimale de publication : l’offre doit être publiée sur France Travail pendant au moins trois semaines consécutives, dans les six mois précédant le dépôt de la demande, sans qu’une candidature locale valable ait été reçue.
  • Contenu de l’offre : les missions, compétences requises, rémunération et conditions de travail doivent être décrites avec précision et clarté afin d’être opposables à l’administration.
  • Conservation des preuves : accusés de réception, CV des candidats locaux et motifs de refus motivés par écrit doivent être soigneusement archivés pour constituer le dossier.

Des exemptions à l’opposabilité existent et peuvent alléger considérablement la procédure. C’est notamment le cas lorsque le poste figure sur la liste des métiers en tension, pour certains titulaires d’un titre « salarié » ou pour des diplômés de niveau master rémunérés au moins 1,5 fois le SMIC. Dans ces situations, l’employeur peut fonder directement sa demande sans démontrer l’échec préalable d’un recrutement local. Pour aller plus loin, découvrez la procédure d’introduction pour embaucher un salarié étranger en France, avec tous les détails sur l’opposabilité de l’emploi, la taxe OFII et les obligations post-embauche.

Obtenir le visa après accord

Dès que l’autorisation de travail est accordée par la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), le dossier est transmis à l’OFII, qui organise les formalités d’introduction : visite médicale, délivrance d’un titre de séjour temporaire et instruction du visa. La procédure d’introduction se déroule intégralement en ligne. L’employeur l’initie sur le portail ANEF dès le début de la démarche, bien avant l’arrivée du candidat sur le territoire français.

Une taxe sur l’emploi d’une main-d’œuvre étrangère s’applique lors de l’embauche d’un salarié non résident. Pour un CDI ou un CDD d’au moins 12 mois, elle représente 55 % du salaire brut mensuel, dans la limite de 2,5 fois le SMIC. Pour un emploi temporaire de 3 à 12 mois, des montants forfaitaires réduits s’appliquent; pour un contrat saisonnier, le tarif est fixé à 50 euros par mois. Cette taxe reste exclusivement à la charge de l’employeur : vous ne pouvez pas la répercuter sur le salarié.

Sécuriser le contrat et éviter les sanctions

Il est interdit de procéder à l’embauche d’un salarié étranger sans titre de séjour valide l’autorisant à exercer une activité salariée en France.

Accomplir les formalités après l’embauche

Il est interdit de procéder à l’embauche d’un salarié étranger sans titre de séjour valide l’autorisant à exercer une activité salariée en France. L’autorisation de travail doit être obtenue avant la prise de poste effective : aucune régularisation ultérieure ne permet de corriger cette situation. Trois formalités communes s’imposent ensuite à tout recrutement salarié étranger, comme pour un salarié français.

  • DPAE, déclaration préalable à l’embauche : cette déclaration doit être transmise à l’Urssaf dans les huit jours précédant le début effectif du contrat. Son omission peut être assimilée à du travail dissimulé.
  • Affiliation à l’assurance maladie : le salarié étranger doit être rattaché à la Sécurité sociale française dès son premier jour d’activité, sans délai de carence.
  • Visite d’information et de prévention : elle doit être organisée pour tout nouveau salarié, quelle que soit sa nationalité, dans les délais réglementaires applicables à l’entreprise.

Le registre du personnel constitue une pièce de contrôle essentielle. Il doit mentionner les références du titre de séjour du salarié étranger ainsi que ses dates de validité. Le contrat de travail suit les mêmes règles que celui d’un salarié français. Même si un écrit n’est pas toujours exigé pour un CDI à temps plein, il reste fortement recommandé afin de prévenir les litiges.

Le titre de travail doit donc être vérifié et conservé avec les documents nécessaires au suivi de l’emploi.

Risques sans droit au séjour et au travail

Recruter sans titre de travail valide expose l’employeur à de lourdes sanctions pénales : jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende par salarié en situation irrégulière. En bande organisée, les peines peuvent atteindre dix ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende par personne concernée.

Employer un salarié dans des conditions différentes de celles prévues par son autorisation ou son titre peut entraîner un an d’emprisonnement supplémentaire et 1 500 euros d’amende. La loi immigration 2024 renforce ce dispositif avec la création d’une amende administrative spécifique.

Des contributions administratives s’ajoutent aux sanctions pénales : une contribution spéciale pour chaque travailleur en situation irrégulière, ainsi que les frais forfaitaires de réacheminement du salarié vers son pays d’origine, entièrement à la charge de l’employeur. Des sanctions commerciales peuvent également être prononcées, notamment la fermeture d’un établissement ou l’exclusion des marchés publics.

L’absence de déclaration préalable à l’embauche peut être assimilée à du travail dissimulé, avec des conséquences graves et durables pour l’entreprise. La conformité n’est pas une option : elle protège votre activité, votre réputation et vos équipes.

Le cas du salarié détaché

Le salarié détaché relève d’un régime juridiquement distinct de l’embauche directe. Il reste employé par une entreprise étrangère, qui l’envoie temporairement en mission sur le territoire français. L’entreprise d’origine doit effectuer une déclaration préalable via le téléservice SIPSI au moins huit jours avant le début de la mission.

Tout salarié détaché bénéficie au minimum du SMIC, de la durée légale de 35 heures hebdomadaires, de 2,5 jours de congés payés par mois et des normes françaises de sécurité applicables à son poste.

Foire aux questions

Quelles sont les démarches à suivre pour embaucher un salarié étranger en France ?

La procédure comporte plusieurs étapes obligatoires : vérifier la nationalité et le titre de séjour du candidat, contrôler son droit au travail auprès de la préfecture au moins deux jours ouvrables avant sa prise de poste, puis déposer, si nécessaire, une demande d’autorisation de travail sur le portail ANEF. Vous devrez ensuite accomplir les formalités d’embauche habituelles : DPAE auprès de l’Urssaf, affiliation à l’assurance maladie et visite d’information et de prévention. Si le candidat réside hors de France, l’autorisation de travail doit être obtenue avant la demande de visa long séjour auprès du consulat français.

Est-il possible d’embaucher un salarié étranger sans titre de séjour ?

Non. Vous ne pouvez pas légalement embaucher un salarié qui ne possède ni titre de séjour ni document l’autorisant à travailler en France. L’autorisation requise doit être obtenue avant la prise de poste effective. Recruter sans titre de travail valide expose l’employeur à une peine pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement et à 15 000 euros d’amende par salarié en situation irrégulière, ainsi qu’à des contributions administratives spécifiques. Une régularisation a posteriori n’est pas possible : anticipez la démarche avant de fixer la date de début du contrat.

Quels salariés étrangers sont exemptés d’autorisation de travail ?

Plusieurs catégories de salariés n’ont pas besoin de demander une autorisation de travail en France. Les ressortissants de l’Union européenne, de l’EEE, de la Suisse, de Monaco, d’Andorre et de Saint-Marin accèdent librement au marché du travail avec leur seule pièce d’identité. Les titulaires d’une carte de résident, d’un titre « vie privée et familiale », d’un passeport talent, d’une carte de séjour pluriannuelle portant une mention expresse, ainsi que les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire, sont également dispensés de cette formalité.

Comment demander une autorisation de travail pour un salarié étranger ?

Pour demander une autorisation de travail, l’employeur doit déposer son dossier exclusivement en ligne sur le portail ANEF (administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr), en s’identifiant avec son numéro Siret, Cesu, Urssaf ou MSA. C’est bien l’employeur, et non le candidat, qui doit demander une autorisation. Le dossier comprend notamment une copie de la pièce d’identité du candidat, un justificatif de domicile de moins de six mois et une attestation de versement des cotisations sociales. Si le candidat se trouve déjà en France avec un titre qui ne l’autorise pas à travailler, le formulaire Cerfa 15186*03 est également requis. Prévoyez un délai d’au moins trois mois.

Qu’est-ce que l’opposabilité de l’emploi et comment y répondre ?

L’opposabilité de l’emploi impose à l’employeur de démontrer qu’aucun candidat local qualifié n’a pu être trouvé avant de recruter un ressortissant hors UE résidant à l’étranger. Pour satisfaire cette exigence, vous devez publier l’offre sur France Travail pendant au moins trois semaines consécutives, au cours des six mois précédant la demande. Conservez tous les justificatifs : accusés de réception, CV reçus et motifs écrits des refus. Des exemptions existent notamment pour les métiers en tension inscrits sur la liste officielle et pour les diplômés de niveau master rémunérés au moins 1,5 fois le SMIC. En l’absence de publication, la demande est rejetée immédiatement et systématiquement.